11/06/26

Comment calculer les IFM et les congés payés en intérim ?

6 min Par PAY JOB

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Dossier 360 | L'intérim

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À l’issue d’une mission d’intérim, le salarié perçoit généralement deux indemnités spécifiques venant s’ajouter à sa rémunération. Ces deux dispositifs permettent ainsi au salarié intérimaire de bénéficier d’une compensation financière complémentaire à la fin de son contrat d’intérim, sous réserve de remplir les conditions prévues par la réglementation.


Les droits financiers de l’intérimaire : primes et indemnités à la fin du contrat

À la fin d’une mission d’intérim, l’intérimaire bénéficie de plusieurs primes et indemnités. La première est l’indemnité de fin de mission (IFM), également appelée prime de précarité. Sauf exceptions prévues par la loi, elle représente 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant la mission et vise à compenser le caractère temporaire du contrat.

La seconde est l’indemnité compensatrice de congés payés (ICCP). Comme les intérimaires n’ont généralement pas la possibilité de prendre l’ensemble de leurs congés pendant leur mission, cette indemnité leur est versée à la fin du contrat. Son montant correspond également à 10 % de la rémunération brute totale, indemnité de fin de mission incluse.

Ces deux primes sont versées par l’entreprise de travail temporaire qui en tient compte dans le coefficient de facturation qu’elle applique auprès de l’entreprise utilisatrice. Pour en savoir plus, vous pouvez lire cet article : Combien coûte un intérimaire à une entreprise ?

1. L’Indemnité de Fin de Mission (IFM) en intérim

L’IFM est une compensation financière obligatoire versée à l’intérimaire à la fin de son contrat, sauf dans certains cas spécifiques.

Qui a droit à l’IFM en intérim ?

L’IFM en intérim est due lorsque la mission se termine normalement, c’est-à-dire à la date prévue dans le contrat. L’intérimaire reçoit cette prime à la fin de la mission en intérim dans les situations suivantes :
✅ Fin de mission sans renouvellement
✅ Fin de mission après un ou deux renouvellements
✅ Fin de mission sans embauche immédiate en CDI

Il faut noter qu’un intérimaire en absence injustifiée percevra tout de même l’IFM sur la période travaillée.

Mais il existe des cas où l’intérimaire ne touche pas l’IFM en intérim. En effet, l’indemnité de fin de mission intérim n’est pas versée si :

❌ L’intérimaire démissionne ou abandonne son poste avant la fin du contrat
❌ La mission est interrompue pour faute grave
L’intérimaire est recruté en CDI immédiatement après sa mission
L’intérimaire a fait une rupture anticipée car il a trouvé un CDI ailleurs
❌ L’intérimaire refuse l’application de la souplesse positive (le candidat refuse une prolongation spécifique aux contrats d’intérim – voir la FAQ sur l’intérim pour plus d’informations)

La notion d'embauche immédiate en CDI dépend de la signature du contrat. Prenons l'exemple d'un intérimaire qui termine sa mission un vendredi. Si l'entreprise utilisatrice le rappelle le lundi pour lui proposer un CDI à partir du mardi, alors il existe un délai entre la fin de mission en intérim et le CDI. En revanche, si l'entreprise utilisatrice fait signer le contrat à l'intérimaire le jeudi, la veille de la fin de son contrat pour démarrer le mardi suivant, alors l'intérimaire ne percevra pas d'IFM. En effet, on considère qu'il est au courant à la fin de sa mission qu'il ne sera plus en situation précaire et on considère dans ce cas qu'il n'y a aucun délai entre l'intérim et le CDI.
Peggy Pinsard - Responsable Paie et ADP

Comment calculer l’IFM en intérim ?

L’IFM correspond à 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant la mission.

Exemple de calcul de l’IFM :

  • Salaire brut total perçu pendant une mission de deux mois : 4 000 €
  • IFM = 4 000 € × 10 % = 400 €

Cette prime est versée à la fin de la mission en intérim au solde de tout compte.

2. L’indemnité compensatrice de congés payés en intérim

En intérim, l’intérimaire ne cumule pas de congés payés comme un salarié en CDI ou CDD. À la place, il reçoit une indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) à la fin de chaque mission.

Comment calculer les congés payés en intérim ?

L’ICCP correspond à 10 % du salaire brut total perçu et de l’IFM.

Exemple de calcul des IFM et des congés payés en intérim :
1️⃣ Salaire brut total perçu :  4 000 €
2️⃣ Calcul de l’IFM : 4 000 € × 10 % = 400 €
3️⃣ Calcul de l’ICCP : (4 000 € + 400 €) × 10 % = 440 €
Total des indemnités perçues = 400 € (IFM) + 440 € (ICCP) = 840 €

➡️ Ces primes sont ajoutées au dernier salaire versé à l’intérimaire.

Comment calculer les indemnités de fin de missions en intérim dans certains cas particuliers ?

Le calcul des primes de fin de contrat en intérim paraît simple en apparence, mais certaines situations peuvent modifier leur assiette ou leur montant. Accident du travail ou encore périodes assimilées à du temps de travail : autant de cas particuliers que les Gestionnaires de Paie doivent maîtriser pour sécuriser leurs calculs des primes en intérim en fin de contrat.

Maladie, accident du travail en intérim et fin de mission : quelles conséquences sur les indemnités ?

Lorsqu’un salarié intérimaire est victime d’un accident du travail à l’approche du terme de sa mission, la gestion de la fin du contrat mérite une attention particulière. En principe, l’accident du travail n’a pas pour effet de prolonger automatiquement le contrat de mission au-delà de sa date de fin initialement prévue. Le contrat prend donc fin à l’échéance prévue, même si le salarié est toujours en arrêt de travail.

Sur le plan de la paie, le salarié conserve son droit à l’indemnité de fin de mission, dès lors que le contrat arrive normalement à son terme. L’indemnité compensatrice de congés payés reste également due selon les règles habituelles.

En revanche, il faut noter qu’en cas d’arrêt pour accident du travail, les indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) ne sont pas versées par l’employeur ou l’entreprise de travail temporaire au titre de l’exécution du contrat. Elles ne constituent donc pas un élément de rémunération entrant dans l’assiette de calcul de l’IFM.

Autrement dit, en intérim la prime de fin de mission dépend :

✅ Du salaire brut versé pendant les périodes travaillées : pris en compte.
✅ Des éléments de rémunération ayant le caractère de salaire (primes, majorations, etc., selon les cas) : pris en compte.
❌ Mais pas des IJSS accident du travail : exclues de l’assiette.

Pour illustrer :

  • Mission prévue : 3 mois
  • Accident du travail après 2 mois
  • Salaire brut perçu avant arrêt : 4 000 €
  • IJSS AT perçues pendant le dernier mois : 1 200 €

L’IFM sera calculée sur les 4 000 € de rémunération brute liée à la mission, et non sur 5 200 €. Ainsi l’IFM et l’ICCP seront calculés comme dans l’exemple précédent.

Salariés intérimaires titulaires d’un mandat représentatif : que dit la loi ?

Un arrêt récent de la Cour d’appel de Lyon du 11 juin 2025 apporte une précision utile sur le calcul de l’IFM pour les salariés intérimaires titulaires d’un mandat représentatif. La Cour considère que les heures de délégation, les réunions organisées par l’employeur et les temps de trajet réalisés pendant une période d’intermission ne doivent pas être intégrés dans l’assiette de calcul de l’indemnité de fin de mission. Même si ces heures sont rémunérées et assimilées à du temps de travail pour certains effets, elles ne correspondent pas à l’exécution d’un contrat de mission. En revanche, la Cour admet qu’elles peuvent ouvrir droit à l’indemnité compensatrice de congés payés. Cette décision rappelle donc que l’IFM reste attachée à la mission d’intérim elle-même, et non à toute somme versée au salarié intérimaire.

Pourquoi bien gérer les primes de fin de mission en intérim ?

Si le calcul des indemnités de fin de mission et des indemnités compensatrices de congés payés paraît relativement simple en théorie, leur traitement en paie nécessite une attention particulière. Les Gestionnaires de Paie doivent notamment s’assurer de la correcte détermination de l’assiette de calcul, en intégrant l’ensemble des éléments de rémunération entrant dans la base de calcul et en excluant ceux qui n’y sont pas éligibles.

Une vigilance particulière est également requise lorsque plusieurs contrats de mission se succèdent ou lorsqu’une mission est interrompue avant son terme. Les cas de dispense d’IFM (embauche en CDI à l’issue de la mission, rupture à l’initiative du salarié, faute grave, etc.) doivent être correctement identifiés afin d’éviter tout risque d’erreur de paie ou de contentieux.

Enfin, le versement simultané des IFM et des ICCP peut avoir un impact significatif sur le montant du dernier bulletin de salaire et sur les cotisations associées. Une bonne maîtrise de ces mécanismes permet de sécuriser les paies de fin de mission et de répondre efficacement aux interrogations des salariés intérimaires. Une gestion transparente et fluide en intérim des primes de fin de contrat renforce l’image de l’entreprise et favorise une collaboration durable avec l’agence d’intérim.

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