Les Responsables Paie vous parlent de leurs challenges au travail

Vous aimez votre métier mais vous avez du mal à supporter la pression qu’il engendre? Vous êtes sûrement un responsable paie. Cet article est fait pour vous. Nous avons interrogé des responsables paie en poste afin d’en savoir plus sur leurs challenges au quotidien. Vous retrouverez-vous dans ces témoignages ?

N.D.L.R: PAY JOB a interviewé différents professionnels de la paie afin de déterminer quelles sont les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien dans leur position professionnelle. Nous avons fait ici une synthèse de ces témoignages. 

Des logiciels de paie souvent en retard :

Les éditeurs des logiciels de paie peinent à suivre les nombreux changements législatifs: se sont ajoutés au prélèvement à la source et à la réforme AGIRC/ ARRCO, les décisions exceptionnelles prises par le gouvernement en décembre dernier pour répondre aux Gilets Jaunes. Il faut ajouter à ce début d’année les habituelles réévaluations de cotisations et autres taux…  Face à ces défis exceptionnels, certains éditeurs s’en sortent mieux que d’autres. Témoignages:

Madame Budynek: « La paie est en pleine évolution et les logiciels de paie ne suivent pas toujours. La DSN et maintenant le Prélèvement à la source nous imposent de travailler différemment. La paie doit être sans erreur ainsi que la DSN, certains logiciels de paie ne savent pas gérer la rétroactivité sur les modifications de salaire, de contrat…et donc la DSN n’est pas correcte et ne reflète pas la réalité et c’est une problématique . »

Madame Mboup: ”A ma grande surprise, les éditeurs paie notamment SAGE me concernant étaient bien préparés pour dérouler le paramétrage

Le manque de reconnaissance de la part de la hiérarchie :

Le responsable de paie est peu valorisé au sein des entreprises. On ne lui parle qu’en cas de problèmes. Et la hiérarchie ne pousse pas dans le sens de la reconnaissance de cet emploi.

Madame Fromageot: “Il existe encore des DRH qui pensent que la paie se réalise en cliquant sur un bouton et ne comprennent pas la réalité et complexité du métier de responsable … Le monde de la paie n’est vraiment pas reconnu à sa juste valeur, son importance et ses difficultés sont minimisées.

La “simplification” des bulletins de paie :

Certaines simplifications ne sont pas toujours si simples.. Et c’est le cas pour celles des bulletins de paie. Beaucoup de professionnels du métier s’interrogent sur la pertinence du bulletin simplifié!

Madame Budynek:  « Le calcul de la paie est de plus en plus compliqué ( calcul du plafond, exonération de cotisations, prélèvement à la source …). Il peut y avoir aussi de mauvaises interprétations des différentes lois parce que parfois elles ne sont pas toujours claires et ne prévoient pas les cas particuliers. »

Le prélèvement à la source :

Le prélèvement à la source a été la grande star de l’actualité en 2018… et l’est encore en 2019 pour les responsables de paie! Cela s’est traduit par une augmentation de la charge de travail due à la gestion du prélèvement à la source pour beaucoup.

Madame  Mboup : “Un responsable Paie doit être en veille de l’actualité paye au quotidien, cela est une partie intégrante de la mission. Néanmoins cette année est une année dense en modifications. Le plus dur a été d’expliquer ces modifications aux salariés. J’ai donc mené une campagne de communication fluide et simple auprès des salariés. Plus particulièrement sur le prélèvement à la source, harmonisation des caisses de retraite…ect. Nous avons été obligés de réorganiser nos procédures de contrôles Paie et nous avons programmé des formations pour l’équipe Paie. Nous avons rencontré des soucis de paramétrage mais nous avons anticipé la mise en place avec des phases test dès le mois d’octobre“

Difficultés d’intégration pour les jeunes diplômés :

Les flux financiers, c’est toujours un sujet sensible en entreprise et il est difficile de laisser des non-initiés s’en charger. D’où le problème de l’insertion à l’emploi pour les jeunes diplômés. Parfois ils vont devoir chercher un poste pendant de nombreux mois !

Mademoiselle Marchand: “La pénurie d’emploi en paie tient aussi du fait que les employeurs et responsables en charge de la formation  ne veulent pas prendre de temps pour former les débutants. Alors commencez par donner la possibilité aux jeunes diplômés sans expérience de pouvoir se faire l’expérience demandée pour atteindre l’expérience lors des recrutements.”


Rémunération des Professionnels de la Paie

Et la rémunération dans tout ça ? Voici les chiffres liés à notre base de données candidats. Ils prennent en compte tous les professionnels de la paie (gestionnaires et responsables). Ces chiffres ont aussi été utilisés par Le Parisien suite à un article collaboratif que vous pouvez retrouver ici.

  • Rémunération moyenne en cabinet en Île-de France : 33 000 euros / en province : 28 000.
  • Rémunération moyenne en grand groupe en Île-de-France, 35 000 euros/ en province, 31 000.
  • Rémunération moyenne en PME en Île de France : 33 000 euros / en province : 28 000
  • Rémunération moyenne au bout de dix ans d’expérience, 42 000 euros.

Pour en savoir plus sur combien gagnent les Responsables Paie nous vous invitons à lire notre article à ce sujet ici.


Vous vous reconnaissez dans ces difficultés et voulez vous exprimer à ce sujet? Le département communication de PAY JOB est à votre écoute. N’hésitez pas à nous contacter à morganechaix@payjob.fr

La préfiguration du PAS sur le bulletin de paie

Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu entre effectivement en vigueur le 1 janvier 2019. Afin de préparer ce bouleversement, les éditeurs de logiciel permettent aux gestionnaires de paie de mettre en place la préfiguration du PAS depuis septembre 2018. Ce qui parait simple aux spécialistes de la paie ne l’est pas forcément pour les salariés. Dans cet article, je vous explique comment bien expliquer la préfiguration du PAS sur le bulletin de paie. Pour cela, vous allez utiliser le bon vocabulaire, expliquer les différents taux possibles et transmettre aux salariés les coordonnées des bons interlocuteurs.

Ne parlez pas préfiguration mais d’information personnalisée

Lors de la réalisation des bulletins de paie de septembre à décembre 2018, vous pouvez mettre en place la préfiguration du prélèvement à la source des bulletins de paie. En faisant ce choix, le logiciel de paie fera apparaître les taux du PAS et le montant simulé du prélèvement à la source.

En distribuant tel quel le bulletin, le salarié va se poser des questions, vous devez le rassurer en expliquant que la préfiguration du PAS est une information personnalisée sur le futur prélèvement à la source.

Vous devrez expliquer que le montant du PAS présent sur les bulletins de paie de septembre à décembre 2018 est :
• Simulé en fonction des taux transmis par l’administration fiscale
• Et qu’aucun prélèvement à la source ne sera effectué avant janvier 2019

Explication du taux du PAS (prélèvement à la source)

La préfiguration du prélèvement à la source va amener des interrogations au sujet des taux du PAS appliqués.
Le taux du prélèvement à la source est calculé et transmis par l’administration fiscale en tenant compte des choix exprimés par les salariés. Il existe deux types de taux, le taux personnalisé et le taux neutre.
• Le taux personnalisé est celui du foyer du salarié ou un taux individualisé en fonction de sa situation.
• Le taux neutre ou taux non personnalisé est un taux transmis à l’employeur soit parce que le salarié à opté pour la non transmission du taux personnalisé, soit parce que l’administration fiscale n’a pas transmis le taux du salarié à l’entreprise notamment en cas d’embauche.

A rappeler aux salariés qu’ils ont la possibilité à tout moment de changer les taux applicables du prélèvement à la source. Ils peuvent choisir le taux neutre à la place du taux personnalisé et inversement.

Les contacts utiles

Pour toutes questions sur le prélèvement à la source, les salariés doivent s’adresser à l’administration fiscale.  Pour contacter un interlocuteur des impôts :
• Le chat sur le site internet impots.gouv.fr
• Par téléphone au 0 811 368 368

Pour découvrir mon blog: https://la-paie-facile.com/

1ers retours sur la phase de test du prélèvement à la source

Alors même que le gouvernement a confirmé le report de l’application du prélèvement à la source (PAS) au 1er janvier 2019, celui-ci est entré en phase de test. En première ligne de ce test en conditions réelles, le Groupement d’intérêt public – Modernisation des déclarations sociales GIP-MDS.

Mme Elisabeth Humbert-Bottin, Directeur général du GIP-MDS, nous livre les premiers retours.

Le gouvernement a annoncé le report du prélèvement à la source, est-ce que cela affecte la phase de test, si oui comment ?

Le système pilote qui devait être mis en œuvre en juillet est maintenu et a démarré. Cela étend simplement la durée du test, la méthode est inchangée.
Ce délai de déploiement supplémentaire va laisser plus de temps aux acteurs pour fiabiliser et sécuriser leurs process, ce ne peut être que bénéfique.

Bercy a annoncé le nombre de 700 entreprises qui testent le projet, est-ce exact ? Qui sont-elles ? Est-ce qu’il y a un secteur d’activité qui se détache ?

Comme l’indique la DGFIP, le Pilote compte plus de 700 organismes inscrits (160 entreprises, 500 organismes institutionnels et la grande majorité des éditeurs de logiciels de paie).

Quels sont les premiers retours ?

Le pilote a été ouvert il y a seulement un mois, il est encore tôt pour avoir des retours significatifs.

Cela étant il peut être observé que le pilote a déjà permis de mettre en évidence quelques réglages de nature à faciliter le déploiement du PAS pour tous à plusieurs niveaux :

– Sur le système net entreprises : améliorations notamment d’ergonomie pour une meilleure compréhension des actions à opérer
– Dans le système de la DGFIP : amélioration et clarification des messages retours opérés
– Pour les éditeurs : vérification de la bonne implémentation de cas particuliers
– Pour les entreprises : vérification des paramétrages de base

Cette expérience donnera lieu à production de conseils opérationnels permettant aux entreprises dont le démarrage en pilote puis en réel est à venir d’opérer celui-ci dans les conditions optimales.

Comment se déroule ce test en conditions réelles, pouvez-vous nous présenter cette phase dans le détail ?

Ce Pilote se séquence en deux temps :

1er temps : du 30 juin au 31 août : phase d’appel des taux : les entreprises déposent des DSN qui sont transmises à la DGFIP : la DGFIP, sur la base de ces DSN, émet des CRM nominatifs à destination des entreprises. Ce CRM pour chaque NIR déclaré dans la DSN contiendra un taux fictif à appliquer au salarié

2e temps : du 31 août à fin décembre : phase d’intégration des taux et du PAS dans les DSN : les entreprises pilotes ayant récupéré leur CRM nominatif de la DGFiP intégrant les taux, viendront déposer des DSN contenant les blocs relatifs au PAS qui seront transmises à la DGFIP.

Les suites de ce Pilote à compter de début 2018 (compte tenu du report de la mise en production en 2019) sont en cours de calage.

Au préalable, les déclarants devront respecter certains pré-requis :
-Les déclarants (entreprises ou tiers-déclarants) doivent avoir un éditeur en capacité de proposer une solution compatible avec le pilote PAS DSN.
-Les entreprises doivent s’inscrire en remplissant le formulaire en ligne sur DSN-info en amont des premiers dépôts : http://www.dsn-info.fr/pilote-dsn-pas.htm

S’agissant des retours d’informations par la DGFiP, les taux transmis seront des taux fictifs, par souci de respect de la confidentialité des éléments relatifs aux individus. Les valeurs de taux transmis et la présence ou l’absence de taux transmis sera aléatoire et n’aura en aucun cas vocation à refléter la réalité de la situation fiscale de l’individu employé.

Quels sont les enjeux de cette phase de test ?

Deux composants majeurs sont à éprouver concernant le prélèvement à la source :
le fonctionnement du prélèvement à la source pour les entreprises (PAS), lequel passera par la DSN
le fonctionnement du dispositif complémentaire qui a été prévu dénommé PASRAU (prélèvement à la source sur les revenus autres) qui vise à la collecte du prélèvement à la source pour les organismes versant des prestations retraite, prévoyance, etc …

Pour la DSN le prélèvement à la source (PAS) est « naturellement » présent dans la DSN puisque la DSN est un message rendant compte des éléments calculés en paie et que le PAS sera calculé en paie.

La DSN est aujourd’hui un dispositif qui fonctionne ; elle est généralisée auprès de plus d’1,5 million d’entreprises et elle est fiable, les taux de qualité constatés par les organismes qui l’utilisent sont bons.

Le PAS a conduit à ajouter quelques données dans la DSN sachant que la donnée principale qui est la base fiscale est déjà véhiculée en DSN depuis le début du projet (la DSN remplace déjà dès la campagne sur les revenus 2017 la DADS U pour la collecte du montant permettant de pré imprimer la déclaration pré remplie).

Les données ajoutées sont :

– Le taux à appliquer – il sera transmis par la DGFIP à réception de la DSN du mois antérieur – pour amorcer le dispositif dès octobre de l’année qui précède la mise en place ; les entreprises recevront automatiquement les taux à appliquer à chaque salarié
– Le type de taux pour signaler les cas d’application d’un taux par défaut lorsque le vrai taux n’a pu être récupéré
– L’identifiant du taux qui permettra à la DGFIP de vérifier que l’entreprise a bien récupéré les retours
– Le montant du PAS calculé
– Les mêmes données dans un espace spécifique de la DSN réservé aux corrections d’erreurs faites par un déclarant sur un mois ; seules les erreurs dont l’entreprise sera à l’origine seront à rectifier ; pour les autres la DGFIP traitera les rectifications en lien direct avec le salarié
– Une donnée spécifique pour des cas particuliers (apprentis, contrats courts, prestations IJ subrogée)

Par ailleurs le système PASRAU permet à tous les organismes servant des prestations d’appliquer le PAS selon la même logique que dans la DSN telle qu’expliquée ci-dessus.

D’un point de vue opérationnel, la phase de « pilote » est mise en place afin de permettre à toutes les parties (entreprises & tiers-déclarants, éditeurs, DGFiP) de tester le dispositif en conditions réelles en amont de l’obligation légale.

Il est important que des profils variés d’entreprises participent au test, un panel large d’entreprises est recherché, la représentativité en termes de variété des solutions logicielles et de typologies d’entreprises permettra d’adapter les fonctionnalités nécessaires. Par exemple, des éditeurs ayant un parc client diversifié (public et privé / petites et grandes entreprises), des grandes entreprises avec des contrats de droit privé mais aussi la fonction publique (collectivités, fonction publique d’Etat), etc.

Trois axes principaux sont poursuivis dans le cadre du pilote pour la DSN :
– s’assurer que les 20 éditeurs qui représentent plus de 90% des paies réalisées en France ont bien mis en place et éprouvé une version compatible PAS
– s’assurer que les experts comptables qui représentent 60% des paies réalisées en France ont bien appréhendé son fonctionnement et ses impacts dans leurs relations avec les entreprises clientes
– pour les entreprises qui réalisent directement leur paie s’assurer dans les différents secteurs de l’économie qui représentent des cas de paie différents que le paramétrage des logiciels est conforme et les procédures de gestion praticables

L’intérêt pour l’entreprise elle-même de participer au pilote est de rôder ses process et ce a fortiori lorsqu’elle gère des situations particulières comme des rémunérations versées à des stagiaires ou apprentis, des CDD de moins de 2 mois, de nouvelles embauches, des revenus étrangers, le versement d’indemnités journalières subrogées soumises au prélèvement à la source, etc.

Pour le pilote PASRAU les axes majeurs poursuivis sont :
– s’assurer que les gros producteurs de prestations (retraite, IJ) sont prêts
– vérifier la qualité de l’identification des salariés
– s’assurer de la robustesse du système avec de gros fichiers

Quel est le rôle du GIP-MDS pendant cette phase ?

Le rôle du GIP-MDS est multiple.

D’un point de vue technique, nous nous assurons que tout est opérationnel et fonctionne correctement. Ce test permettra d’évaluer en conditions réelles les fonctionnalités et de les ajuster si besoin avant l’ouverture à l’ensemble des entreprises.
Il s’agit de fournir à la DGFIP un outil « clé en main », utile et opérationnel à l’issue du test.

Nous sommes aussi partenaire des entreprises. C’est l’ADN de la gestion de projets au GIP-MDS : placer l’utilisateur et donc les entreprises, au cœur de la construction du dispositif.
L’originalité de ce dispositif est de travailler étroitement avec des entreprises à toutes les étapes du projet pour effectuer les ajustements qui vont le rendre plus performant. Les fonctionnalités sont donc développées et adaptées au plus près des besoins des entreprises en fonction de leurs retours.

Le GIP-MDS accompagne et informe les entreprises. Une documentation spécifique au PAS est mise à disposition des éditeurs et déclarants, sur le site DSN-INFO, afin de faciliter leur appropriation des consignes et modalités déclaratives prévues pour le PAS. Pour toute autre demande relative à la DSN, les éditeurs et déclarants peuvent s’appuyer sur les ressources mises à disposition dans le cadre du projet : Les questions relatives à la phase « pilote » PAS-DSN peuvent être adressées via la base de connaissances en mentionnant qu’il s’agit d’une question relative au pilote PAS (https://dsn-info.custhelp.com).